Fiche Méthodologique

Définitions champ d’application de la méthode de l’IBGN utilisé pour la caractérisation des populations de macroinvertébrés ( NF-T90-350, 1992)

Contenu

PRINCIPE

  • Evaluation de la qualité hydrobiologique d’un site à partir de la composition du peuplement d’invertébrés benthiques (deux métriques : richesses taxonomique et polluo-sensibilité des taxons), sensibles aux fluctuations de la pollution organique et chimique, à la nature du substrat et aux événements climatiques

MISE EN ŒUVRE

Station
  • La longueur de la station échantillonnée équivaut à 10 fois la largeur du cours d’eau
  • Les caractéristiques du lit (largeur moyenne, faciès d’écoulement, nature des berges, état de la ripisylve), la granulométrie du fond (nature du substrat et granulométrie), ainsi que la présence de végétation aquatique sont utilisées pour la description de la station
Echantillonnage
  • L’échantillonnage ne doit s’effectuer que lorsque le débit du cours d’eau est stabilisé depuis au moins 10 jours
  • Réalisation de 8 prélèvements en fonction des couples Granulométrie-végétation/Vitesse de courant (S/V) repérés par ordre d’habitabilité. Si la station ne présente pas 8 habitats, le substrat dominant est échantillonné pour une classe de vitesse différente
  • Chaque substrat est échantillonné dans la classe de vitesse la plus représentée pour ce substrat
Période d’échantillonnage
  • 2 campagnes de prélèvements sont généralement suffisantes pour caractériser le milieu
  • La période de basses-eaux estivo-automnales est la plus apte à soulever une perturbation (Température élevées, faible perturbation hydraulique, ...). Attention, pour les cours d’eau à régime nival, l’étiage se déroule en hiver
  • La période printanière constitue la plus favorable au développement des macroinvertébrés
Matériel
  • Filet d’ouverture de maille de diamètre 500 μm de type surber pour les faciès lotiques (Surface = 1/20 m2) et filet de type Haveneau pour les faciès lentiques où la profondeur est plus importante

Domaine d’application

  • Méthode non adaptée à/aux zones de Piémont, sources, ruisselets, aux Grands cours d’eau, zones estuariennes saumâtres, canaux
  • La méthode ne doit pas être appliquée aux cours d’eau pour lesquels la profondeur excède 1 m sur la majorité du lit mouillé, où la vitesse excessive du courant ne permet pas d’échantillonner l’ensemble de la mosaïque d’habitats, et où la turbidité de l’eau empêche de visualiser les supports

Interprétations

  • IBGN favorise l’échantillonnage des habitats marginaux aux détriments d’une bonne représentation des habitats dominants, ce qui induit souvent un biais important dans la représentativité de la faune par l’échantillon réalisé, et peut masquer l’effet de certaines altérations
  • L’emploi de l’IBGN est spécialement indiqué pour les perturbations qui induisent une modification de la qualité organique de l’eau et de la nature du substrat à savoir rejet de type urbain, pollution par les matières en suspension, effets secondaires de certains types de rejets (organiques, métalliques) et de l’eutrophisation par dénaturation des fonds
  • Difficulté d’interprétation d’une note basse liée à la globalité de la méthode. Les analyses physico-chimiques complémentaires sont généralement associées
  • La valeur de référence (aux alentours de 20) dans des milieux non perturbés peut s’avérer plus faible dans des situations typologiques extrêmes ou des milieux particuliers, même en l’absence de perturbations, particulièrement au niveau des zones de sources, ruisselets, … => Non prise en compte des critères biogéographiques
  • Variabilité saisonnière de la note liée aux cycles biologiques de la macrofaune benthiques et l’évolution des conditions locales
  • L’effet d’une même perturbation peut s’exprimer de manière différente selon le niveau typologique du site
  • Les invertébrés sont surtout sensibles à des perturbations chroniques ou intermittentes (si suffisamment intenses). Il est donc difficile de mettre en évidence une pollution ponctuelle
  • Les invertébrés réagissent moins à certaines composantes spatiales du milieu telles que la hauteur d’eau et la largeur du lit mouillé et présentent des sensibilités sélectives aux différents facteurs de perturbation
  • Un écart de 1 point entre deux stations peut s’avérer significatif, notamment lorsque celui-ci est répétitif. A l’inverse, une note invariable ne signifie pas qu’il n’y a pas d’effet perturbant
  • Pas de prise en compte de la structure du peuplement qui pourrait mettre en valeur des déséquilibres des populations d’invertébrés